© 2018 Hélène Rock

PROJET 52 (2018)
Un autoportrait par semaine durant 1 an.

Je suis très heureuse de vous présenter l'ensemble du travail d'autoportraits légendés que j'ai effectué du 1er janvier 2018 au 24 décembre 2018 à raison d'une photographie par semaine et pour la deuxième année consécutive. Comme l'an dernier, je suis assez fière d'avoir été au bout de projet même si les photographies sont globalement inégales. L'année fut bouleversante sur bien des aspects pour moi, vous allez pouvoir grâce aux légendes voir l'évolution de mes sentiments et de mes acquis techniques. Si l'année dernière a été un bouleversement émotionnel rare, cette année m'a vu me transformer non seulement physiquement (-20kg entre la première photographie et la dernière, ce changement s'est opéré en l'espace de seulement quelques mois entre mars et juillet) mais également psychologiquement au plus profond de moi, ce qui ne fut pas sans heurt mais la juste continuité de ce qui avait été entrepris en 2017 et initié en 2016. Je me suis vue devenir une femme adulte l'année de mes 27 ans et peut être le verrez vous avec moi au travers de toutes ces photos et de ces textes que comme toujours je vous offre sans langue de bois et sans enjoliver mes techniques ou la réalité du travail effectué. 
N'oubliez pas de me faire vos retours et si vous avez apprécié le travail, vous pouvez faire un petit don via tipeee à la fin de la page. 
Bonne découverte ! 

Semaine 1 : Comme l'an dernier, j'ai un souvenir très précis du moment ou j'ai pris cette toute première photo de projet 52 de l'année. C'était le 1er janvier et j'étais comme l'an dernier dans un endroit qui n'est pas mon environnement de vie. Celle ci a été prise sur les abords d'un lac en Haute Saône près de Luxeuil les Bains ou je passais le nouvel an en famille. Séduite et inspirée par "le nord", celui qui m'a vue naître, ses forêts, ses feuilles mortes par milliers, ses feuillus. J'ai commencé très simplement par cette harmonisation qui résonnait au fond de moi le 1er janvier 2018.

Semaine 2 : J'avais envie en cette deuxième semaine de quelque chose d'épuré et minimaliste dans la photographie et qui puisse me donner un peu confiance en moi car je m'apprêtais à commencer quelque chose qui allait changer ma vie et j'étais en plein doute à cette idée. Le doute derrière l'apparence, c'est un grand classique chez moi je m'en suis rendue compte cette année en essayant ensuite de bannir cette trop grande facilité par la suite. Il m'est un peu difficile aujourd'hui de commenter les photos du début d'année et de regarder en face tout le poids que j'ai perdu quelques semaines plus tard, mais c'est aussi le jeu du temps qui passe et fatalement du projet 52.

Semaine 3 : Cette photo ci est une petite tricherie. Elle a été en effet prise au même moment que la photographie ci dessus, on peut remarquer pour les yeux avertis que le maquillage est le même. J'ai voulu donner un autre aspect de la confiance personnelle, veste de cuir, allure un peu hautaine ou en tout cas distante, noir et blanc, travailler à l'image d'un modèle qui ne me quitte pas 11 ans après son décès et auquel je ressemble je trouve sur cette photo, mon père. J'aime aussi jouer avec les contrastes de la peau, les reliefs, et le noir et blanc reste l'une des meilleures techniques pour mettre en valeur cet exercice. 
 

Semaine 4 : Nouveau fond blanc, je suppose que la météo était particulièrement mauvaise en ce tout début d'année. J'ai pris cette photographie à mon retour de ce qui fut la meilleure expérience que je me suis offerte depuis le début de ma vie : ma formation pour devenir doula. Vous verrez quelques photographies prises à Lyon durant ce projet 52 ou j'ai effectué cette formation et l'implication sans borne que cela a eu sur mon évolution. Je me permet de rappeler pour la compréhension générale que le métier de doula consiste à l'accompagnement non médical des femmes enceintes, de la naissance, du postnatal et du féminin. Cette semaine 4 fut également celle de la présentation à mes 60 invités du projet "Résilientes". Les avertis reconnaîtront le triangle de la féminité entre mes mains, symbole du projet Résilientes et du projet de devenir doula que je venais d'initier. Je l'ai réalisé en découpant un carton de la bonne forme que je tenais entre mes mains et remplacé en post production par un triangle noir. 
 

Semaine 5 : Je n'aime vraiment pas cette photographie. Elle a été réalisé en grand stress malgré mon désir d'apparaître sereine et malgré mon amour absolu pour ce lieu magique. Mes enfants, présents, ne souhaitaient pas que l'on s'arrête et j'ai eu toutes les peines du monde à prendre cette photo sans être interrompue ce qui ne me permettait pas d'être dans ce que je faisais. Je n'aime pas non plus ma pose qui me donne l'impression d'être tassée. Une photographie a apprécier pour son panorama uniquement à mon sens. 
 

Semaine 6 : Celle ci je l'aime beaucoup en revanche. J'étais partie je me souviens avec l'un de mes chiens dans la colline derrière chez moi et j'aime la perspective du versant opposé qui me donne l'impression de flotter. Je me suis sentie souveraine, décantant ma première semaine de formation, les rencontres que j'y ai fait et trouvant du réconforts à mes doutes grandissants sur le possible sacrifice du métier d'artiste au profit du métier de doula (conflit résolu depuis mais m'ayant hanté une partie de l'année). Souveraine oui, mais de mes propres questionnements, de mon monde intérieur et particulièrement consciente de ne pas l'être sur la totalité de ma vie ni d'avoir encore investi une mission plus universelle, ainsi ce petit clin d'oeil moqueur avec une couronne de l'avent en carton. 
 

Semaine 7 : Il neigeait sur la Provence en cette dernière semaine de février. Je ne sais pas bien quoi penser de cette photo, à la fois je l'apprécie pour son caractère assez exceptionnel et pour les yeux noirs, cet air hagard qui semble sorti d'un film, à la fois elle n'est pas nécessairement flatteuse mais assez énigmatique pour être intéressante malgré tout. 

 

Semaine 8 : Il y a toujours quelques photos emblématiques dans les projets 52, 4 ou 5 maximum je pense, et à mon avis celle ci est la première. Je me suis beaucoup amusée à la prendre, maquillée et coiffée façon Pompadour pour porter un t shirt militant, je trouvais ça subversif et elle me plaît particulièrement dans ses tons et dans son idée. Elle marque également ma décision de commencer à perdre du poids, pas encore l'entreprise mais la décision, d'ailleurs ce t shirt que j'avais désigné moi même je n'ai pu le porter que quelques semaines, aujourd'hui il pourrait me servir de chemise de nuit...

 

Semaine 9 : Suite de ma décision de perdre du poids, j'ai décidé de me photographier entièrement nue dans divers close up parce que je n'avais aucun doute sur le fait d'arriver à obtenir ce que je voulais et je prends un soin particulier tout au long de ma vie de garder une trace de tout, même si cela est une image de corps qui ne m'appartiendrait plus quelques semaines plus tard, c'était le corps qui avait porté mes enfants et je voulais lui rendre hommage avant de le remodeler à mon image profonde. J'ai pris ses photos entièrement dans mon petit miroir à maquillage d'une trentaine de centimètres. J'ai toujours pris grand soin des mains dans mes compositions artistiques, influencée par la peinture classique du XVIIIe et je me rends compte que cela transparaît très souvent. 

 

Semaine 10 : Que dire de cette photo...un peu vintage dans le traitement, une photographie de vie quotidienne lors d'un moment d'introspection, elle se suffit à elle même. J'ai fais peu de photographies "lifestyle" cette année, il en fallait au moins une et cela reste mine de rien un classique du projet 52 qui impose parfois de revenir à des sources bien plus accessibles par gain de temps, le tout est de transmettre tout de même un petit bout de quelque chose, je ne sais pas si la mission est réussie, de mon point de vue c'est acceptable.  

 

Semaine 11 : Premières semaines de rééquilibrage alimentaire strict, cette photographie a été prise dans la forêt des cèdres lors de ma première visite en ces lieux à Bonnieux (84) avec Marianne (souvenez vous, elle est nue couverte de terre dans un cercle de pierre). Ma formation continuait, je sentais la femme en moi se libérer, avancer, partager des choses très intimes de ma vie de mère avec ces inconnues quelques semaines plus tôt qui devenaient des intimes et qui pour la première fois de mon existence me donnait l'impression de m'accepter telle que j'étais. Je sentais le sauvage m'envahir, l'harmonisation naturelle se faire, et c'est tout naturellement que cela a trouvé le chemin de l'objectif. 

 

Semaine 12 : Nous décidons enfin d'acheter une maison et nous nous arrêtons sur le lieu, ce sera le Vaucluse et nous commençons les visites. Je ne savais pas encore à ce moment que cette entreprise serait une des plus difficile à supporter émotionnellement de toute ma vie, et pourtant j'en ai vu de belles et j'étais loin d'imaginer qu'un bien matériel pourrait autant me faire souffrir psychologiquement. Mais nous n'en sommes pas là, je sens la femme sauvage qui continue à s'éveiller, je me sens forte, tournée vers ma confiance et l'avenir. Je pose avec mes deux chiens, j'aime particulièrement l'attitude de mon mâle, la pâte levé, le regard à la fois inquiet et impérieux, comme si il était l'illustration de ce qui se tapis dans mon cœur mais que je ne montre pas sur un visage de marbre. 

 

Semaine 13 : Je profite d'être la première arrivée dans mon Airbnb à Lyon pour me prendre en photo sur la mezzanine suspendue de ce superbe appartement à Croix Rousse. Je me souviens avoir vécu là une semaine extrêmement difficile. A la diet très durement avec le régime Weight Watcher, nous avions abordé un module décisif, celui de la naissance et j'ai énormément pleuré sur ce parquet un soir ou j'avais abandonné mon groupe qui était sorti boire un verre. Revenir sur la naissance très difficile de mon fils, la mienne, mon sentiment d'incompétence en tant que mère était ressorti très durement, ainsi que ma réalisation très brutale de toute la violence en occident autour de l'accouchement. Je pense que ma prise de conscience sur l'obstétrique a été foudroyante et à cristallisé définitivement mon choix de devenir doula et de retourner à des lois définitivement plus respectueuse et primitive de l'accueil du nouveau né au monde. Je sens sur cette photo que je vais mal, cheveux secs, cernes profondes, et pourtant ce sont de ces scènes nécessaires à toute la construction d'une personne. 
 

Semaine 14 : La femme sauvage est de retour chez elle. Je pars dans mon village à l'orée de la forêt durablement marquée par la semaine précédente et par les femmes qui m'entourent et m'inspire au sein de cette formation. Nous faisons une offre pour la maison du Vaucluse, j'ai déjà perdu 8kg, je me sens à nouveau à mon entière place, je me recentre, j'apprivoise ce que je suis avec mes nouvelles acquisitions et informations, je remue tout ce qui change et je me sens fondamentalement dans l'évolution. 
 

Semaine 15 : Retour à la forêt des cèdres, cette fois en bordure. Je me mets en équilibre sur ce promontoire rocheux et je prends une grande inspiration en présence. Cette année en plus de tout le reste j'ai approfondi la pratique de la méditation en pleine conscience initiée par Christophe André. Cet endroit est très symbolique pour moi. Notre offre dans le Vaucluse est acceptée, il nous faut trouver le financement, et c'est au sommet de ce mont, dans le Lubéron que se font face Bouches du Rhône et Vaucluse, entre lesquels je vais être prise une partie de l'année. Sur cette vue toute la vallée de la Durance (Bouches du Rhône) et la Sainte Victoire qui se laisse deviner tout en fond. 
 

Semaine 16 : Forêt des cèdres à nouveau, le même jour pour ne rien vous cacher. J'avais pris du retard sur les photos avec mes jours de formation et évidemment mon métier de photographe qui ne s'arrêtait pas en si bon chemin. Couchée sur ce tapis d'aiguille, je renoue avec les odeurs de terre, de pins, je me sens vivante, le soleil du printemps commence déjà à réchauffer ma peau et ces arbres magnifiques m'entourent, je les sens bénéfiques, gardiens des plus belles émotions. 
 

Semaine 17 : Une des seules photos érotique de l'année, prise au sol avec une installation qui m'a valu quelques sueurs froides afin d'obtenir ce résultat avec un angle étroit comme le 50mm. Cette retouche, je ne sais pas pourquoi exactement, cela me plaisait sur le moment et je crois que cela me plait toujours aujourd'hui. J'adore la photographie de nu un peu érotisante et j'en ferai bien beaucoup plus mais je suis une très grande pudique et si je devais explorer cette facette en photo ce ne serait pas en commençant par moi, quoi que ma pudeur devient autre depuis que je me trouve plus à mon propre goût physiquement...nous verrons.
 

Semaine 18 : Je m'étonne toujours de mon incapacité à demeurer dans un seul style de photo, ou devrais-je dire avec plus d'optimisme de ma capacité à être multi style ? Quoi qu'il en soit j'aime beaucoup cette photographie réalisée un jour de grande pluie dans le Var sous un pont romain que j'affectionne particulièrement. Inspirée directement par le visionnage de la mini série et du livre "The Red Tent" après lesquels j'ai décidé de me lancer dans l'organisation de tente rouge (cercles de femmes), j'incarne ici une figure inspirée de la bible Dinah, fille de Jacob. Je porte sur la tête mon rebozo, écharpe traditionnelle mexicaine servant à porter les enfants dans toute une partie de l'amérique latine, servant également à resserrer le bassin des femmes après l'accouchement et que j'ai commandé directement depuis le Mexique. 
 

Semaine 19 : Le mois de mai commence, la chaleur revient franchement. Notre offre pour la maison du Vaucluse a été acceptée mais la bataille commence pour trouver le financement. Les portes se ferment les unes derrières les autres, il nous reste de la ressource mais je sens que ce sera beaucoup plus compliqué qu'il n'y paraît. Ma formation continue, je ne sais plus trop quelle artiste je souhaite être, si ce que je fais pourrait être compatible avec mon futur métier, comme souvent je suis en plein doute et j'exorcise en posant de dos et en cherchant de la texture dans mon grain de peau, je cherche encore une force que j'ai du mal à trouver au fond de moi bien que je sente tous mes acquis céder, mes schémas se remettre tous en questions uns à uns. 
 

Semaine 20 : Il pleut souvent, entre chaque semaine de formation je me sens seule, je ne sais ou je serais à la fin de l'année, si je vais réussir à acheter cette maison. Une banque, deux banques, toutes le même discours, monsieur ça va, mais vous, que faites vous au juste de votre vie qui puisse nous amener à croire que vous êtes suffisamment responsable pour vous acquitter d'un prêt ? Je ne fait rien si ? Être artiste c'est faire ou être ? Il faudra être résiliente, encore. Je décide de mettre en lumière cet aspect en photographiant mon petit triangle du féminin dans mon cou, qui sera orné de nombreuses roses quelques semaines plus tard. En attendant ma vigne m'offre un refuge d'eau et de nature bienvenue dans ces troubles. 

Semaine 21 : Une photo à l'esthétique pure, j'avais envie d'or et lorsque j'ai envie d'or, c'est que je crois en ma propre capacité à me réparer, à avancer. Tout est remit en question, la place de la femme, la naissance, l'accouchement, et la parentalité, surtout. Mes enfants grandissent, s'affirment, je suis brinquebalée entre mes nouveaux acquis, la construction de nouveaux projets photos qui peinent à faire corps freinés par les bouleversements émotionnels liés à la fois à mes nouvelles rencontres, l'apprentissage de ce féminin sacré auquel je m'accroche et m'attache et ces documents si terre à terre, ces banquiers si froids qui décident que je suis inapte. 

Semaine 22 : Le printemps est merveilleux comme il peut tant l'être en Provence. Un soir nous allons derrière la maison pour nous photographier Jillian et moi devant l'aqueduc. Je suis toujours frappée par la délicatesse de ma fille, de sa main, de son pied, de ses cheveux d'or qui brillent au soleil. Je la photographie seule et j'en tire la plus belle photo que je n'ai jamais fait d'elle. Moi je n'ai plus trop envie de montrer mon visage, je suis fatiguée, j'ai l'impression de perdre le contrôle, de n'être bonne à rien, c'est en tout cas ce que j'entends à demi mot dans tous ces refus et dans mes projets qui en pâtissent et ont de grandes difficultés à prendre forme. Je les annonce pour mieux les abandonner. Je commence à penser à mon calendrier pour 2019, une valeur sure que je suis au moins certaine de mettre en place.  

Semaine 23 : Pour ce prochain calendrier, il faut travailler tôt dans l'année. Deux mois de prises de vue, un mois de maquette, un mois de pré-commande, un mois de logistique et c'est déjà la fin de l'année ou presque. Je décide que j'ai envie de travailler sur la lune et son rapport avec le féminin. Le projet s'appellera "MOON" et sera complexe à réaliser, il faudra partir à la chasse à la lune au coeur de la Provence, trouver les meilleurs angles de vue, les meilleures périodes. Je visionne encore une fois "l'étrange escale" de Axolot sur Youtube sur le Vaucluse, toujours plus persuadée que j'y ai ma place, mais rien n'avance, la situation semble bloquée. Je commencerai néanmoins MOON par là, comme un présage, on ne sait jamais. Cette photo était évidemment en rapport avec cette décision de calendrier que j'ai travaillé comme un personnage grotesque de théâtre, pour le maquillage un abonné m'a dit "on dirait un énorme coup de soleil", ce n'est pas complètement faux. C'est trop, c'est kitch, mais j'apprécie l'expression, elle est sincère avec les bouleversement de mon coeur à ce moment précis. 

Semaine 24 : J'ai perdu 14kg, je commence à sillonner la Provence à la tombée de la nuit, en recherche de la lune. Je prends cette photo par une chaude soirée de juin ornée d'un magnifique collier "Nautilus et Scarabée" prêté pour le projet MOON. Je me sens incroyablement femme, je ne mange plus d'animaux, je m'alimente exclusivement de produits locaux, principalement des végétaux, mais je suis horriblement fatiguée. La faute à l'alimentation me disent certains, moi je sais que je n'en peux plus de l'incertitude avec cette maison, il faudra avoir une réponse au moment ou une cinquième banque refuse notre financement. Les agents immobiliers nous pressent, les propriétaires nous pressent, les notaires nous pressent et nous ne savons pas si nous devons poser ou non notre préavis. Bientôt les grandes vacances, ou est ce que je vais mettre mes enfants ensuite ? Dois-je congédier ma nounou ? Tout cela me semble tellement loin de ma déconstruction en tant que femme, que mère, qu'artiste, que doula, j'aimerai me fondre avec le soleil couchant et tout oublier. 

Semaine 25 : Je m'ethnise, la chaleur me permet d'être pieds nus, débardeur sur mes seins sans entraves, cheveux libres, une gitane en Provence qui évolue au gré des caprices de sa société. Mon fils est tellement beau. Nous posons ensemble aujourd'hui, cette semaine il a passé un test de sureffiscience. La vie est parfois si dur pour lui aussi. Crise de colères, détresse, questionnement, ce petit cerveau qui pense, vit, ressent, et me bouleverse parfois tellement, me mettant face à mes propres incapacités à comprendre ce que j'ai pourtant vécu. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, alors je me contente de l'aimer. 

Semaine 26 : -16kg. Les banques ont définitivement dit non. Nous abandonnons. Quelqu'un d'autre veut la maison, la propriétaire hésite à accepter son offre, nous, nous savons que ce ne sera pas possible. Je suis en colère. En colère contre eux, en colère contre moi. J'aurai aimé montrer à mes enfants, à mon mari, à ma famille, que je suis capable mais je me dis que ma valeur en tant qu'être ne peut pas se définir par un comité de banquier. A la fois, je termine une nouvelle semaine de formation, je me pose beaucoup de question, mon esprit cartésien et mon esprit critique jamais entièrement satisfait peine à correctement m'intégrer, certaines de mes valeurs ne sont pas respectées, est ce que je me serais trompée là aussi ? Mon humeur est aussi noire que ma photo de la semaine. 

Semaine 27 : Je suis chez ma mère, les lauriers sont en fleur. Je me rends compte maintenant que je porte la même chose sur 4 photos. Je ne me sens plus maîtresse de moi même, je suis douloureusement fatiguée. Nous faisons le tour des agences immobilières pour louer dans le village ou nous voulions acheter, parce que la crèche à accepté ma fille, que mon fils est inscrit à l'école, la bas. On y croyait si fort. J'attendais cette maison pour changer de vie, mettre à profit tous mes acquis de l'année, lancer mon activité, réinventer l'artiste que je suis, faire pousser des plantes de sorcière, créer un univers bien à moi dans quelque chose qui m'appartiendrait pour de vrai. Cette photo fut un coup de chance, je n'avais pas ma télécommande, encore perdue - j'en ai acheté 4 cette année - et ma fille ne souhaitait pas me laisser prendre l'image. J'ai profité d'un moment ou elle avait le dos tourné, et ce qui transparaît est finalement assez fort. 

Semaine 28 : Toujours à Carpentras, je profite du soir pour aller me promener avec mon mari sur les bord du canal derrière la maison de ma mère. J'en suis à mon dix neuvième kilos perdu, je m'arrête là, c'est assez. Le soir est chaud, les journées s'étirent. Nous avons trouvé une solution de dernière minute pour retrouver la maison. La famille s'est mobilisée. Les démarches reprennent après ce qui avait sonné comme un abandon dans mon esprit et un début de deuil. Je ne veux plus vraiment espérer même si il semblerait que cette fois ce soit la bonne. Je continue à sillonner la région pour MOON, Sainte Victoire, Cote D'Azur, Haut Vaucluse, Provence des papes, je revois d'anciennes connaissances, mes modèles favorites, mes photos me plaisent mais je me sens toujours très seule avec mes questions. et je trouve que cela se voit sur les autoportraits. La formation est finie pour l'été. 

Semaine 29 : L'art m'a toujours paru la façon la plus pure et la plus simple pour aller mieux. Avec la nature, la reconnexion avec sa nature profonde, le combo est parfait pour prendre un peu de hauteur. C'est ce que je fais un soir de juillet, je monte à nouveau tout en haut des monts du Lubéron dans la forêt des cèdres et j'investi cet incroyable cèdre lyre, l'un des plus beaux arbres que j'ai vu de ma vie. Il m'accueille et je me sens bien avec lui, en phase. Je porte à nouveau une création de Nautilus et Scarabée, plus proche que jamais de la lune. 

Semaine 30 : Je dois commencer mes cartons sans savoir encore si notre prêt aux nouvelles conditions sera accepté, je ne pourrai pas cumuler deux domiciles et si mes enfants veulent faire une rentrée, je dois faire un coup de poker et faire "comme si". J'essaie de regarder devant moi, d'y croire, mais je me sens usée. J'ai hâte de retourner en formation. Comme à chaque période de doute je me tourne vers une photo plus "rock", plus forte, me donnant du courage pendant quelques jours. J'aime beaucoup celle ci car je montre l'un de mes nouveaux tatouages pour la première fois, encrage de ma transformation en tant qu'individu. J'ai l'impression d'avoir un sidecut et de renouer avec des origines plus métal, plus noires.

Semaine 31 : Enfin je change de couleur de vêtement. En cette semaine 31 j'ai réalisé cet autoportrait sur la grande plage de Royan un matin frisqué alors que j'étais en vacance en famille. Très éprouvée par mes enfants et les luttes administratives des dernières semaines, j'essaie de me reposer mais je me sens dans un brouillard qui semble ne pas vouloir se dissiper. J'aime beaucoup néanmoins cette photo, une des seules prises au bord de la mer, que j'ai largement privilégiée pour MOON, le soleil dans les cheveux et ces yeux plissés qui me donnent un air plus âgé, qui illustre l'âge que je vais avoir, qui me montre une femme que je n'avais encore jamais vue. 

Semaine 32 : Je pense que cette photo est l'une des plus emblématique de l'année. Mon teint s'éclaire. Le prêt a été accepté, nous aurons cette maison. Nous ne savons pas quand, des milliers de détails qui me semblent à l'heure ou j'écris si loin viennent encore rallonger et rendre plus difficile le processus, mais je sais que je ne fais pas mes cartons en vain. Je décide de profiter de ma nouvelle silhouette pour tenter une tenue vintage et investir le petit potager solidaire de mon quartier pour l'occasion. J'ai envie de fraîcheur après toute cette noirceur, je vois le bout d'un long tunnel, en tout cas c'est ce que je pense, et cela me fait du bien.  

Semaine 33 : Le gros orage est passé. Je me tourne vers l'avenir. J'ai réalisé cette photo en compagnie de Marie Delattre alors que je la photographiais pour la dernière photo de MOON. Juste mes côtés, le Vaucluse s'étend à perte de vue. Ce sera mon ultime clin d'oeil à cette bataille que j'ai mené de front et que j'ai fini par remporter. Je profite de la chaleur pour aller rendre visite à une amie de formation dans sa yourte dans la Drôme, je radicalise encore mon mode de vie, de consommation, de pensée...et c'est au moment ou enfin nous allons pouvoir signer notre prêt que nous nous remettons à douter. Nous ne voulions pas faire le tour du monde, sillonner les routes avec les enfants ? Est ce bien sage de s’enchaîner aux banques ? Les hommes de la communauté dans la Drôme nous font douter, mais il nous semble trop tard pour faire marche arrière, on s'est trop battu. 

Semaine 34 : Je vais rendre ma maison à Meyrargues après des semaines et des semaines de tri et de cartons. Je dois m'installer quelques semaines chez ma mère, nous ne pourrons pas signer pour la rentrée, il faudra faire des dizaines d'aller retour de 35mn entre le village, l'école et ma demeure provisoire jusqu'à ce que nous emménagions. Ma charge mentale est à son comble, déménagement, démarches pour devenir doula, fin du projet MOON, rentrée, papiers, administration, appartement à refaire en entier avant de partir, aller-retour de camion et mes enfants qui s'ennuient au coeur de l'été, j'ai du mal à m'en occuper, je suis épuisée. Je me photographie sur leur balançoire, comme un clin d'oeil à l'enfant que j'aimerai à nouveau être pour fuir toutes ces responsabilités. 

Semaine 35 : C'est la rentrée des classes. Je peux à nouveau souffler en journée même si je passe une grosse partie de ma journée dans la voiture à sillonner le département entre mon lieu de vie actuel, mon prochain lieu de vie et l'ancien qu'il faut encore rendre refait. Mon nouveau corps me console un peu, je vais bientôt reprendre ma formation, j'essaie de me concentrer sur mon développement personnel. Je pars cette semaine réaliser des photographies de robe de mariée sur la côte d'Azur, je pense à mes nouvelles amies, j'essaie de rester sur pied, de prendre toute la place que je peux occuper en tant que femme, de ne pas me laisser submerger par le tourbillon qu'a pris ma vie en quelques semaines. Poser nue est une valeur sûre pour la confiance en soi. Je réalise cette photo en lumière naturelle comme toujours, dans une chambre, sur un coup de tête. 

Semaine 36 : En réalité trois semaines séparent cette photo de la dernière. C'est autant de retard que j'ai pris sur le planning du projet 52. Entre temps j'ai enfin déménagé, nous sommes la quatrième semaine de septembre et je prends cette photo depuis mon nouveau jardin pour la toute première fois. Celle ci a sonné comme un symbole du projet, c'est en tout cas celle qui a eu le plus de retour sur les réseaux sociaux. Je pense qu'on y voit un mieux être, plus de certitude, un apaisement certain. J'ai confiance en l'avenir, je suis retournée à Lyon après trois mois sans avoir vue mes amies de formation, je suis convaincue de pouvoir mêler le métier de doula avec la photographie, mes enfants se plaisent dans leur nouvelle maison, la tension s'apaise, je me transforme en sorcière d'automne. 

Semaine 37 : Il manquait une photo à MOON et comme je suis têtue je m'étais dis que si j'obtenais enfin cette maison, je clôturerai le calendrier sur le Mont Ventoux, montagne protectrice du Vaucluse dont la route menant à la face Nord, si célèbre des cyclistes est juste derrière mon nouveau chez moi. Je tiens mes promessesses et je monte par une magnifique journée ensoleillée. Le paysage est fantastique, je me sens à nouveau moi même, la puissance de la nature coule à nouveau dans mes veines, je fais corps avec la terre, avec la montagne, je me sens chez moi pour la première fois de ma vie. Mais je suis très éprouvée par le début de l'année, je me met en quête d'une nouvelle psychologue et j'en trouve une formidable. Je vais pouvoir enfin confier à quelqu'un tout ce que je porte depuis le début de l'année.

Semaine 38 : En réalité les trois photographies ci dessus ont toutes été réalisées la même semaine. Je rattrape mon retard sur le projet 52 et je réalise celle ci le jour de mes 27 ans. En une pose je souhaite exprimer ma gratitude envers tous ces gens, amis ou anonymes qui m'ont soutenues pendant toutes mes semaines de lutte et ce déménagement si compliqué. Je porte autour du cou un cadeau de mon mari qui je voulais depuis longtemps, la reproduction en argent du foetus dessiné par Léonard de Vinci dans ses croquis scientifiques. Je me sens prête à ouvrir la voie vers mon nouveau métier et à conjuger avec mon activité d'artiste. 

Semaine 39 : Il pleut beaucoup dans le Haut Vaucluse, en tout cas c'est une nette impression après avoir laissé derrière moi Aix en Provence ou la pluie était exceptionnelle voir rare. Mais je ne me décourage pas, je sors faire l'autoportrait de la semaine pour ne pas prendre plus de retard. J'ai repéré une petite chapelle à la sortie du village sur la route menant vers le Ventoux. L'ambiance y est très particulière, de ces jours noirs, les arbres se dépouillant de leurs feuilles et créant un tapis poisseux au sol. Je suis une grande cartésienne, je ne crois pas aux esprits et pourtant, je ne me sens pas la bienvenue appuyée contre le mur d'escaliers de la chapelle. Je ne me serais pas étonnée de voir une forme étrange en arrière plan de mes photos...

Semaine 40 : Le mois d'octobre gorge la terre d'eau, il ne fait que pleuvoir. Je prépare le projet "Le marteau des Sorcières" mais je me sens épuisée. C'est difficile à la maison et je peine à trouver mes marques. Si j'adore être en pleine nature, au plus près du sauvage, je commence à penser que cette maison pour laquelle je me suis tant battue n'était pas une bonne idée professionnellement parlant. J'ai des difficultés avec mon fils, avec ma fille qui ne dort plus, les jours s'étirent et je n'arrive pas aux résultats que je cherche photographiquement. A chaque séance je rentre frustrée malgré un environnement parfait qui me réconforte profondément. Je m'alangui sur ma banquette dans mon bureau, vidée, ce sera l'autoportrait de la semaine. 

Semaine 41 : Le soleil est revenu, nous décidons de monter pour la deuxième fois en haut du Mont Ventoux. Quelques jours avant nous avions été bloqués dans le brouillard et un vent de plus de 100km/h qui faisait tanguer la voiture. La météo aujourd'hui est idéale, je prends des photos de mes enfants et bien sûr je profite de ce panorama exceptionnel pour l'autoportrait de la semaine. J'ai l'impression de ne sentir en phase avec moi même qu'immergée en pleine nature, seule avec mon appareil photo. Ca ne va définitivement pas très bien, je profite de ce temps qui m'est offert pour m'ancrer dans la terre. 

Semaine 42 : Voilà une photo bien inutile. Pour changer il pleuvait, énormément et c'était Halloween. J'avais repéré cette bâtisse néoclassique abandonnée au village, je me suis dis que cela faisait un joli décor pour une photo un peu creepy. Que dire d'autre hormis que j'ai failli perdre mon appareil photo en accrochant un parapluie au trépied, parapluie qui s'est envolé avec tout le matériel accroché dessus. 

Semaine 43 : J'aime beaucoup cette photo ci par contre. J'étais entrain de travailler sur un atelier que j'allais donné quelques temps plus tard sur les cycles féminins et j'étais très inspirée par ma féminité toute féministe. J'ai décidé sur une même photo d'inclure mon absence de port de soutien gorge (depuis 14 mois), mon ventre abimé par les vergeture de grossesse, mes aisselles non épilées et l'absence totale de maquillage tout en faisant une photo ou je me trouverai bien, forte, agréable même. J'aime définitivement cette féminité qui est devenue naturelle pour moi, celle de mes propres choix. Une de mes seules photos engagées de l'année, avec la photo "FEMINIST" de la semaine 8 mais je l'apprécie beaucoup. 

Semaine 44 : Parmi toutes les merveilles de l'automne, la nature nous a offert les pêchers en fin de parcours. Je pense n'avoir jamais eu de couleurs aussi sublimes comme toile de fond, ce fut très facile de réaliser plusieurs portraits (d'ailleurs vous avez préféré le deuxième publié à celui ci mais je garde cette composition qui était l'idée originelle). Je me souviens du calme de cette matinée, c'était magique. Aucun bruit, une densité d'arbres incroyable, le soleil presque chaud à travers ces feuilles d'or. Je me suis sentie particulièrement en phase lors de ces photos, de ces moments ou la solitude n'est plus un poids mais un cadeau. 

Semaine 45 : J'ai pris énormément de retard ces dernières semaines. Nous sommes presque fin novembre, j'ai été présenter à Lyon mon travail de fin d'étude pour la formation de doula que j'ai achevé dans un week end hors du temps m'ayant fait le plus grand bien mais ayant également été très douloureux. J'ai dis adieu à des instants qui chaque mois me promettait amour, confort, accueil, affection. Alors que ma situation familiale est toujours délicate, la claque fut rude. Mais me voilà certifiée, j'essaie de garder confiance, de me dire que je vais réussir à créer quelque chose même dans ces contrées reculées mais je dois bien l'admettre, je suis épuisée, cette année à laissé de grosses traces sur mon moral, je suis irritable, et même si je me sens remplie comme jamais, je me sens aussi diminuée, à fleur de peau, proche d'une catastrophe. Je pose en contre jour dans la chambre, en jouant avec les effets de transparence, à l'image de ce que je me sens être en ces dernières semaines de l'année. 

Semaine 46 : Ma photo favorite de l'année. Elle est techniquement exactement ce que je voulais faire pour "Le marteau des Sorcières" et que je n'ai pas réussi à transmettre sur la plupart des photos. Tout y est pour moi, du cadrage à la retouche à la pose à l'émotion au fond automnale et quasi dépressif. Je me sens en souffrance sur cette photographie mais je suis tellement émue d'être enfin arrivée à ce que j'avais à l'esprit que ça n'a aucune importance. Si seulement toutes mes photos pouvaient être aussi qualitative, mais c'est comme si il fallait un nombre fou de paramètres avant d'arriver à tous les aligner et faire de ce petit déclenchement l'aboutissement d'années de travail. 

Semaine 47 : Ce matin là j'étais avec ma chienne, j'avais à nouveau envie de poser avec elle. Son regard est profond, flatteur, l'ambiance dans les vergers est à l'hiver, toutes ces hautes herbes cristallisées dans le givre, l'ambiance était une fois encore douce, accueillante, propice. Je pense avoir eu mes plus beaux moments seule et fondue dans la nature secrète cette année, loin du tumulte de mes doutes et de la charge mentale de ma famille. La photo est beaucoup plus simple à prendre que je ne le pensais, ma chienne ne bouge pas, elle est parfaitement dressée, tout est immobile. Mon trépied est cassé je dois le stabiliser avec l'environnement à chaque photo désormais mais ce n'est pas handicapant dans la terre meuble. Je mettrais néanmoins plus d'une demie heure à retrouver ma télécommande dans les branchages en remballant. 

Semaine 48 : Photographie difficile, réalisée deux jours après être rentrée d'hospitalisation. Je m'étais fait la promesse de tout dire en photo lors de ces projets 52. Cette photo dit tout. 

Semaine 49 : J'ai ordre de me reposer pendant 2 à 3 semaines, j'annule tous mes shootings et j'essaie de ne pas culpabiliser pour ça. J'ai une nouvelle idée de travail sur le corps pour l'année prochaine, j'en profite pour faire quelques essais de teinte, de close-up. Je ne veux plus montrer mon visage cette semaine mais ça n'a pas d'importance, j'adore les détails en photos, ils sont le reflets d'un instantané très juste, parfois beaucoup plus juste qu'une expression que l'on essaie de mettre en conséquence de ses mouvements. 

Semaine 50 : J'ai perdu du poids pendant ces semaines d'arrêt maladie, je suis proche de peser 57kg, mon poids le plus bas depuis 10 ans (je mesure 1m71), je me regarde dans ma glace de salle de bain et je trouve que ces lignes de corps et de justaucorps ressemblent à ceux d'une ballerine, je tire sur mon t shirt pour voir, j'aime la géométrie des formes, je décide immédiatement de mettre ça en photo dans ma chambre et de tirer profit de cette inspiration soudaine alors que dehors il pleut encore, un orage déchire le ciel. 

Semaine 51 : J'ai définitivement rattrapé mon retard, le projet 52 sera prêt à être présenté le 27 décembre. Nous sommes le 20 à l'heure de cette photo et de l'écrit de ces lignes et je suis partie très tôt ce matin à l'étang pour profiter de cette incroyable vapeur qui s'élevait en tourbillon dans le soleil se levant derrière le Ventoux. Paix, sérénité, bien que j'ai cru perdre mes doigts. Un propriétaire AirBNB m'avait un jour laissé le commentaire suivant "personne différente en vrai de sa photo de profil, surement une photo volée", ça m'avait fait rire jaune mais quand je regarde la photo d'hier (semaine 50) et celle d'aujourd'hui, c'est vrai que je ne suis jamais la même, mais toujours la même fondamentalement. L'art de l'autoportrait demande aussi de pouvoir jongler avec toute ses facettes, toute ses palettes, toute ses apparences et c'est ce que j'aime tellement dans cet exercice. Cette photo me rappelle l'ambiance de "l'agonie du cygne" d'y a quelques années, pour les puristes. Je me remets petit à petit, je me repose, je lâche prise, je me laisse porter par le gré du hasard, cherchant juste à être moi et à suivre les flashs d'inspirations qui s'imposent dans mon esprit à chaque fois que je réfléchi à la prochaine photo à faire.  

Semaine 52 : Je termine cette année le 24 décembre au soir devant la cheminée de ma mère. J'ai pris la décision de poursuivre le projet 52 pour une troisième année, il commencera donc dès la semaine prochaine avec quelques jours de répits. L'année se clôture, avec elle toutes ces merveilleuses aventures mais aussi toutes ces difficultés. Je me sens chanceuse d'avoir ma vie et ma liberté même si toujours plus animée d'ambition, d'impulsion, je ne laisse aucune page de mon existence vide ce qui souvent me mène au bord de l'épuisement. Seulement ma vie est à mon image, entière, et je n'imagine pas comment remplir tout ce temps autrement, je n'en aurais pas envie. Sur cette photo et à cet instant, je me sens résiliente, courageuse, c'est ainsi que j'ai commencé l'année, c'est ainsi que je la termine. 

 

Je vous remercie pour le public attentif que vous êtes, pour avoir peut être supporté cette lecture jusqu'au bout. Si vous trouvez que tous ces efforts photographiques valent quelque chose, vous pouvez me donner 1€ ou plus sur ma page Tipeee.